JE SUIS GASTRO-ENTéROLOGUE : CES 3 SYMPTôMES ALARMANTS APRèS 50 ANS QUE LES FEMMES NE DOIVENT JAMAIS IGNORER (SURTOUT à LA MéNOPAUSE)

Le cancer du pancréas est considéré comme l’un des cancers les plus agressifs et les plus difficiles à soigner. En France, il touche chaque année environ 15 000 personnes, principalement après 50 ans, et reste souvent silencieux jusqu’à un stade avancé. "C’est une maladie qui se développe sans bruit, avec des symptômes discrets ou trompeurs", confirme le Docteur Anish A. Sheth, chef de service en gastro-entérologie, auprès de Woman's World.

Concrètement, ce cancer apparaît quand les cellules du pancréas se mettent à se multiplier de façon anormale et incontrôlée, formant une tumeur. "Comme pour beaucoup de cancers, on parle d’une combinaison entre prédisposition génétique et facteurs environnementaux", poursuit le spécialiste. Le problème majeur, c’est le diagnostic tardif : dans la majorité des cas, la tumeur est découverte trop tard pour une chirurgie curative. Les chances de survie chutent alors brutalement. Et chez les femmes de plus de 50 ans, les signes peuvent facilement être pris pour des symptômes liés à la ménopause — perte d’appétit, fatigue, douleurs abdominales — ce qui retarde encore la prise en charge. Pourtant, certains signaux doivent toujours alerter.

Ces 3 symptômes du cancer du pancréas à ne jamais ignorer

Le premier symptôme typique, et souvent le plus visible, c’est la jaunisse. "Le principal signe du cancer du pancréas est le jaunissement de la peau et des yeux", indique le Docteur Sheth. Cette coloration jaune est due à l’obstruction du canal biliaire par la tumeur. Elle peut s’accompagner d’une urine foncée ou de démangeaisons, causées par l’accumulation de bilirubine dans le sang.

Le deuxième symptôme à surveiller de près, c’est la perte de poids inexpliquée. Si une femme de plus de 50 ans perd du poids sans régime particulier, ou si son appétit diminue soudainement, cela mérite un avis médical. "Lorsqu’on maigrit sans raison apparente, c’est souvent un signal que le corps envoie", rappelle le gastro-entérologue.

Enfin, le troisième signe d’alerte, souvent confondu avec des douleurs dorsales liées à la posture ou à la ménopause, c’est la douleur persistante dans le haut du dos ou dans l’abdomen. "Cette douleur est constante, différente du mal de dos habituel", souligne le spécialiste.

Ces trois symptômes, pris isolément, peuvent sembler anodins. Mais ensemble, ils doivent pousser à consulter rapidement un médecin. Car plus le diagnostic est précoce, plus les chances de guérison augmentent.

Les causes et les facteurs de risque du cancer du pancréas

Le risque augmente avec l’âge : selon l’American Cancer Society, la majorité des cas surviennent entre 60 et 80 ans. Mais d’autres facteurs jouent un rôle important. D’abord, l’hérédité. "Si un parent proche, comme la mère, le père ou un frère, a eu un cancer du pancréas, il est important de se faire dépister régulièrement", prévient le médecin. Des tests génétiques peuvent identifier certaines mutations associées à la maladie. Vient ensuite le tabac, responsable d’un risque doublé de développer un cancer du pancréas. Une étude publiée dans The American Journal of Epidemiology a confirmé que fumer altère les cellules pancréatiques et favorise les mutations cancéreuses.

Autre facteur souvent sous-estimé : l’obésité. Selon une recherche parue dans la revue Annals of Oncology, l’excès de graisse dans l’organisme favorise l’inflammation chronique et perturbe les hormones, créant un terrain propice au développement tumoral. Enfin, le pancréas enflammé de manière chronique, souvent lié à une consommation excessive d’alcool, peut aussi être en cause. "L’inflammation persistante d’un organe augmente toujours le risque de cancer", rappelle le Docteur Sheth. Même si ces facteurs ne signifient pas qu’une personne développera forcément un cancer, ils doivent inciter à une vigilance accrue, surtout après 50 ans.

Cancer du pancréas : traitements, espoir et nouvelles avancées scientifiques

Le traitement de référence reste la chirurgie, lorsqu’elle est possible. "L’idéal est de retirer la tumeur avant qu’elle ne se propage, mais la majorité des patients nécessitent aussi une chimiothérapie pour réduire la masse", précise le Docteur Sheth. Malheureusement, le cancer du pancréas reste souvent détecté trop tard pour permettre une opération curative. Pour autant, l’espoir renaît grâce aux progrès de la recherche. De nouvelles approches thérapeutiques, comme l’immunothérapie ciblée et les tests sanguins de dépistage précoce, laissent entrevoir une meilleure détection et un allongement de la survie. "Nous voulons arriver à un stade où l’on peut diagnostiquer tôt, opérer et guérir", insiste l'expert.

Il évoque notamment les travaux autour du test sanguin SHIELD. Il est actuellement utilisé pour le dépistage du cancer colorectal, qui pourrait bientôt repérer les biomarqueurs du cancer du pancréas. "D’ici dix ans, un simple test sanguin pourrait sauver des milliers de vies", prédit le gastro-entérologue. En attendant, la clé reste la prévention : arrêter de fumer, limiter la consommation d’alcool, surveiller son poids et consulter dès l’apparition de symptômes inhabituels. Chez les femmes de plus de 50 ans, écouter son corps — au-delà des changements hormonaux de la ménopause — peut littéralement faire la différence entre vie et mort.

2026-01-23T12:20:42Z