HYPERTENSION : QUELS RISQUES ET COMMENT LA SURVEILLER ?

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Hypertension, qu’entend-on par-là ? Comme son nom l'indique, c'est une pression trop élevée exercée par le sang sur les artères. Le seuil d’alerte est 140 millimètres de mercure sur 90. "Le premier chiffre, le plus haut, correspond à la pression systolique, explique la cardiologue. "C’est la pression artérielle que l’on mesure au moment de l’éjection du sang par le cœur, quand le cœur se contracte. Et diastolique, chiffre le plus bas, c’est la pression mesurée au moment où le cœur se détend." 140/90, une moyenne quel que soit son âge, son sexe ou sa corpulence. "Mais elle peut varier en fonction du moment." précise la spécialiste, "Et il faut donc savoir la mesurer en dehors du cabinet du médecin, qui peut être source de stress. Et généralement, les chiffres sont plus bas lorsqu’elle est prise à domicile."

Des risques nombreux à long terme

Mais pourquoi qualifier l’hypertension de "tueur silencieux" ? Tout simplement parce que beaucoup de patients ne ressentent pas leur pression artérielle trop élevée. "Il peut y avoir parfois des symptômes mais qui sont finalement peu reliés à cette hypertension." souligne le Pr Angoulvant. "Et au long cours, elle peut modifier la structure des vaisseaux et endommager les organes." Et les cibles sont nombreuses : "Le cœur, avec un infarctus du myocarde ou une insuffisance cardiaque, le cerveau, avec risque d’accident vasculaire cérébral, voire de démence. Les reins aussi, avec une insuffisance rénale ou maladie rénale chronique. Donc partout où il y a des vaisseaux, il peut y avoir des complications."

Des suspects potentiels

Quels pourraient donc être les suspects potentiels de ce "crime artériel" ? "Neuf fois sur 10, on ne trouve pas le coupable." avoue la cardiologue. "Il peut y avoir plusieurs facteurs : notre hérédité, une prédisposition génétique, la manière dont on vit, notre alimentation, le fait de faire ou non du sport et puis tout simplement le vieillissement, avec une rigidité de nos artères." Mais la liste des complices est aussi longue : en premier lieu, le sel, qui entraine une rétention d’eau, les glandes surrénales au niveau des reins, qui peuvent secréter des hormones en excès, la pilule contraceptive, la cortisone et les anti inflammatoires, sans oublier le réglisse, qui consommé en trop grande quantité, favorise aussi la rétention d’eau et de sel.

Le stress, facteur aggravant

Pas de réglisse pourtant impliqué dans le cas de Marianne. En octobre 2022, cette sexagénaire ressent pourtant des maux de tête, une fatigue inhabituelle ... et une tension allant jusqu’à 160 ! Si le terrain familial la prédisposait, avec une mère et grand-mère hypertendues, c’est un événement particulier qui a fait grimper les chiffres : l’accompagnement pendant un an d’une sœur atteinte d’un cancer dont elle s’est occupée à domicile avant d’être placée en soins palliatifs. "Un stress psychologique qui peut aussi jouer dans cette tension artérielle, soit de manière ponctuelle, mais aussi au long cours." reconnait volontiers le Pr Angoulvant.

La règle des trois

Quoi faire alors quand les chiffres s’emballent ? D’abord, confirmer cette tension par des relevés réguliers, pas uniquement chez le médecin, mais en automesure à domicile. Le principe : la règle des trois. Et la cardiologue de détailler : "Trois fois le matin, à 2 minutes d’intervalle et avant de prendre ses traitements s’il y en a, trois fois le soir, à distance du repas et avant de se coucher et ce, trois jours de suite." Des mesures à pratiquer avec un tensiomètre à brassard autour du bras, "assis et non pas allongé, le dos calé sur une chaise, les pieds à plat, le bras soutenu sur la table, avec le brassard au niveau du cœur". Autres conseils : "Ne pas avoir fumé ou pratiqué un sport avant le relevé, respecter 5 minutes de repos et ne pas consulter son téléphone portable en même temps, ce qui peut être source de stress ! »

Des traitements ...et Mozart !

Quelles solutions alors si la moyenne des relevés dépasse les 140/90 ? Plusieurs solutions sont possibles pour faire baisser cette hypertension. En premier lieu des médicaments : des diurétiques, pour réduire l’absorption de sel et d’eau, les inhibiteurs calciques, qui vont relâcher les fibres musculaires des vaisseaux. Enfin, les inhibiteurs d’enzyme de conversion et les "sartans", qui favorisent une vaso dilation. Un traitement efficace pour Marianne, complété par des examens chez le cardiologue, ECG et échographie.

Mais c’est aussi toute une hygiène de vie à respecter : Réduire aussi sa consommation de sel, en évitant les plats transformés, maigrir: "perdre un kg, c’est réduire d’un millimètre de mercure sa tension artérielle" assure la cardiologue. Autres pistes : arrêter le tabac, dormir suffisamment et gérer son stress, par du yoga ou de la méditation. Et écouter du Mozart. D’après une étude allemande, c’est la Symphonie n°40 en Sol mineur qui serait la plus efficace pour s’apaiser !

Une bonne habitude à prendre

Reste que du progrès reste à faire pour mettre ce "tueur silencieux" sous les verrous ! Une personne sur deux ignore qu’elle est hypertendue et les traitements sont encore insuffisamment suivis, faute de prendre conscience, vu généralement l’absence de symptômes, qu’il y a danger futur pour sa santé. D’où en conclusion cet appel de la présidente de la SFHTA: "Il faut connaitre sa pression artérielle comme on connait son poids et sa taille. C’est important de la surveiller et de la prendre en charge." Alors, la mesurer régulièrement, une bonne résolution à suivre en ce début d’année !

2026-01-16T14:46:05Z