On vous le dit, on vous le répète, et toutes les études le montrent : le sport est indispensable pour rester en bonne santé et prévenir les décès prématurés. Face à cette injonction, ceux qui ont tendance à traîner la patte pensent généralement qu’il faut à tout prix consacrer davantage d’heures à l’exercice physique.
Mais est-ce vraiment la meilleure manière de rallonger son espérance de vie ? Pas si sûre, à en croire une étude publiée fin janvier 2026 dans le British Medical Journal (BMJ).
Les chercheurs, des scientifiques de l’École de santé publique de Harvard (Boston, Massachusetts), ont utilisé des données de santé et de mode de vie issues de deux cohortes américaines bien connues : la Nurses' Health Study qui suit 280 000 infirmières depuis 1976 et la Health Professionals Follow-Up Study comprenant 20 000 professionnels de santé suivis depuis 1986.
« Contrairement à la constitution génétique, que l’on ne peut pas modifier, les gens peuvent choisir de faire plus d’exercice pour prévenir les maladies et vivre plus longtemps, a expliqué à Medical News Today Yang Hu, un des auteurs de cette étude. Des recherches cumulatives ont montré que la plupart des maladies chroniques peuvent être largement évitées en adoptant une bonne alimentation et un mode de vie sain. En tant que chercheurs en santé publique, notre mission est de continuer à trouver des moyens de prévenir les maladies et d’améliorer la qualité de vie, ce qui permet aux gens de vivre plus longtemps. »
Avec son équipe, ils ont concentré leurs calculs sur 111 000 participants d’âge mûr qui étaient suivis depuis 30 ans afin de récolter des données sur le temps passé à pratiquer divers types d’activité physique :
Les chercheurs ont tenté d’évaluer dans quelles mesures ces activités influençaient la durée de vie.
Selon leurs calculs, l’activité physique dans sa globalité et chaque type d’exercice pris isolément (à l’exception de la natation) sont associés à un risque de décès prématuré plus faible, quelle qu’en soit la cause.
Mais ces associations ne sont pas linéaires ! Il apparait en effet qu’au-delà d’un certain seuil, les bénéfices en matière de mortalité de l’activité physique se stabilisent, et ce, quelle que soit sa nature… et donc qu’il est inutile d’en faire « toujours plus ».
En revanche, les chercheurs ont remarqué que les participants qui pratiquaient une plus grande variété d’activités physiques avaient un risque de mortalité plus faible. Ainsi, par rapport aux « mono-tâches » pratiquant un nombre très restreint d’activités physiques, ceux qui en pratiquaient le plus large éventail avaient un risque de décès toutes causes confondues inférieur de 19 % et un risque de décès par maladie cardiaque, maladie respiratoire, cancer et autres causes inférieur de 13 à 14 %.
« C’est une découverte assez nouvelle que la pratique de plusieurs types d’activités à un niveau d’activité total donné peut offrir des bienfaits supplémentaires pour la santé et la longévité, commente Yang Hu. Cela signifie que même si le maintien d’un niveau élevé d’activité physique totale reste primordial, la combinaison de différents types d’activités ayant des bienfaits complémentaires pour la santé peut être plus utile pour prévenir les décès prématurés. »
Selon le chercheur, « la pratique régulière de presque toutes les activités physiques courantes est bénéfique pour prévenir les décès prématurés et atteindre la longévité. Il est important de maintenir un niveau élevé d’activité physique totale, et en plus de cela, diversifier les types d’activités peut être plus bénéfique. »
Prochaine étape pour les auteurs : tenter de savoir si le fait de se mettre tôt à une plus grande variété d’exercices est encore plus bénéfique, mais également de vérifier s’il existe une variété optimale d’exercices et quelle est la combinaison optimale pour vivre plus longtemps.
2026-02-03T13:01:21Z