Vieillir à domicile séduit 94 % des Français, mais la facture grimpe d’année en année. Que révèle vraiment le baromètre 2025 Retraite.com / Silver Alliance sur ce budget ?
Rester chez soi, garder ses repères, voir ses proches : c’est le souhait de 94 % des Français quand la santé suit. En 2025, Silver Alliance et Retraite.com publient leur 6e baromètre pour mesurer le coût du bien vieillir à domicile selon l’âge. L’étude ne parle pas d’un luxe, mais d’un budget concret, mois après mois. Elle interroge aussi une réalité : cette facture monte.
La méthodologie est claire : 19 produits et services passés au peigne fin (aide à domicile, frais de santé, transport, livraison de repas, adaptation du logement…), avec une moyenne entre offres d’entrée de gamme et premium. Le crédit d’impôt pour certains services à la personne est intégré. Les dépenses contraintes (loyer, eau, électricité, alimentation) ne le sont pas. Et tout s’accélère avec l’âge.
À partir de 65 ans, le budget moyen ressort à 15 487 € par an, soit 1 291 €/mois, en hausse de +2,4 % par rapport à 2024. Une hausse "limitée", se réjouit Ludovic Herschlikovitz, fondateur de Retraite.com, selon Notre Temps. Cette enveloppe ne couvre pas le logement ni les courses, mais elle offre un repère utile pour piloter ses dépenses. À titre de comparaison, un mois en EHPAD coûte en moyenne 2 310 €/mois, selon la Caisse nationale d’assurance maladie.
Dans le détail, de 65 à 75 ans, le panier mensuel moyen atteint 719 €/mois, porté surtout par la mutuelle et une aide ponctuelle. De 75 à 85 ans, il grimpe à 937 €/mois, avec davantage de prestations (ménage, parfois repas livrés). Entre 85 et 95 ans, la facture bondit à 2 216 €/mois, l’adaptation du logement et la dépendance pesant lourd. Le niveau de dépendance peut faire varier fortement ces montants.
La mutuelle santé tire la hausse : entre 2024 et 2025, les tarifs ont progressé de +7,77 % en moyenne et grimpent avec l’âge. Les services à domicile (aide de jour, ménage, jardinage) sont plus chers, tout comme la livraison de repas. À l’inverse, des postes restent stables, voire à la baisse : garde de nuit, dépassements d’honoraires, abonnements de téléphonie ou de vidéosurveillance. Le baromètre cite les appareils auditifs, "qui offrent un appareillage largement plus performant et miniaturisé", pour quasiment le même prix.
Attention au périmètre : ces montants incluent le crédit d’impôt lié à l’emploi d’un salarié à domicile, mais pas les autres aides privées ou publiques. Ils excluent aussi le loyer, les charges d’énergie et l’alimentation, qui peuvent dépasser largement le panier suivi. Le baromètre Silver Alliance et Retraite.com offre donc une photographie des services nécessaires au maintien à domicile. Le tout reste très sensible à l’état de santé et à l’intensité de l’accompagnement.
Des leviers existent pour alléger la note réelle. D’abord, vérifier son contrat de mutuelle et ajuster les garanties à ses besoins peut éviter de payer pour des options peu utiles. Ensuite, activer les aides publiques et locales (centres communaux, caisses de retraite, collectivités) aide à financer les services ou l’adaptation du logement. Le baromètre ne les comptabilise pas, ce qui signifie qu’elles peuvent réduire le reste à charge.
Côté organisation, mieux vaut anticiper l’adaptation du logement avant que la dépendance ne s’installe, plutôt que d’affronter d’un coup des travaux lourds après 85 ans. Comparer les offres de services à la personne, grouper certaines interventions et utiliser les solutions de portage de repas seulement quand nécessaire permet de piloter son budget. Les clubs et associations, au coût stable, entretiennent le lien social à moindre prix. L’objectif : rester chez soi, sans dérapage budgétaire.
2025-12-29T13:39:13Z